mercredi 30 mai 2012

Départ

Je suis rentrée dans la neige après ma journée de cours. C'est l'heure d'affronter l'instant redouté: Mon départ de chez Yoko. Moment difficile,
En temps normal, je serai restée à l'école, c'était mon tour de nettoyer la classe. Mais vu les circonstances, Nakahara sensei m'a excusée. Elle a vraiment été un soutien pour moi à ce moment là. En arrivant, j’ai paqueté mes affaires et je suis partie de ma famille d’accueil. Je me sentais vraiment mal. Quand j’ai dû dire au revoir à Yoko san, je retenais mes larmes. Le départ devait être rapide. Quand ma coordinatrice (en retard, ça m'a laissé du temps) est arrivée, on a jeté mes valises dans le coffre et on m'a lancé dans la voiture. Le départ a été tellement rapide... Que je n'ai pas pu dire au revoir à Obaasan.
C'est douloureux.

Dans la voiture de ma coordinatrice, je me suis rendue compte qu’enfaite, être une étudiante étrangère au Japon, c’est comme être un cornichon dans un burger: ça sert à rien mais faut le virer ( métaphore que illustre bien mon état d'esprit du moment XD ). Je m’explique : dès mon arrivée ils m’avaient fait comprendre que l’important était le bien-être de ma famille d’accueil… Et j’ai appris dans la voiture que Yoko tenait un « dossier » sur moi et mon école aussi ; toutes les choses qu’ils n’aiment pas chez moi (et qu’ils n’ont pas osé me dire ).
Super… Ça fait toujours plaisir.
Je me prend des reproches dans la figure durant tout le trajet. Enfin la partie que j'ai compris, car ma coordinatrice a considéré qu'après deux semaines d'immersion, je parlais parfaiement Japonais. Mais je n'ai rien manqué.

Elle me parle de ma nouvelle famille d'accueil dans la voiture... Ou bien elle voulait me démoraliser encore plus, j'étais au 36ème dessous, et elle me raconte qu'ils vivent dans un tout petit appartement, qu'ils ne parlent que Japonais, qu'avec la fête du Hina Matsuri (fète des filles) ayant lieu le Samedi qui arrive, je n'aurai pas le droit d'aller à Tokyô (ma famille d'accueil avait déjà des projets) voir Corentin (l'autre étudiant) et, cerise sur le gâteau, j'arrive pour l'anniversaire du décès du Grand-père ( décédé il y'a trois ans ) qui serait célébré le Dimanche suivant (nous étions Mercredi ).

J'arrive dans ma nouvelle famille d’accueil. Je vois le quartier : arf… Je vois le bloc appartement… Arf… je vois l’appartement… Oh la vache :D
Le bâtiment intérieur super classe ( petit mais classe). On dirait un hôtel (il y’a une bibliothèque, une salle de sport, un combini et un karaoké en bas de l’immeuble).
A mon arrivée, j'ai appris que je vivrai au 5ème étage. J'arrive donc, longe le couloir avec mon horrible valise, j'angoisse, je suis surexcitée, je m'apprête à affronter ce que je pensais être le plus dur moment de mon voyage. J'aperçois une jeune fille, qui semble m'attendre. C'est ma mère d'accueil, Sashiko san, qui ne fait vraiment pas son âge.
Je passe la porte, aperçois une petite fille, puis une seconde, avec des sourires qui vous réchauffent le coeur. Mes soeurs d'accueil, Kotome et Kaname.
Ma coordinatrice leur parle, elle dit tout sur moi (dossier oblige). Puis me laisse...
On me montre l'appartement, que je trouve formidable. Je le dis à Sashiko, ce à quoi elle répond "ah, tu trouves?"
Ça change.
Kotome et Kaname avaient apprient des mots en Français qu'elles m'ont récité. Puis, Kotome (l'aînée) m'a amenée visiter l'appartement. (Kaname n'est pas venue, elle couvrait un rhume )
Nous avons fait un jeu de société ( Un "La Bonne Paye" version Japonais )
Ensuite, elles m'ont fait couler un bain.
Nous avons regardé la télévision. Dans cette famille, malgré le canapé, on s'assoit par terre (le sol est chauffant!)
Le père, Kenji san rentre du travail. Je l'ai tout de suite trouvé vraiment sympathique.
On a regardé du foot, il m'a parlé des équipes françaises (je n'y connais RIEN!) puis il m'a demandé : " Au Japon, qu'est-ce que tu aimerais visiter".
Des centaines de réponses traversent mon esprit... "Je voudrais voir le mon Fuji"
Il me répond " Très bien, le Samedi avant ton retour en France, nous irons au mont Fuji"
Je suis allée dans ma chambre, que Kotome me prêtait, très confortable.
Et je tombe de sommeil.

Il... Neige?!

Chemin de l'école
Mon réveil sonne comme chaque matin, et comme chaque matin, j’attends 20 minutes avant de me lever.
Mais Yoko san vient cogner à ma porte : "Marion! Il neige!"
Ahah, ouais c’est ça. Au début, je n’avais pas compris.
Eh bah si. De la grosse neige partout.
Et mes affaires qui séchaient dehors… Flûte.
Que c’est agréable de s’habiller avec des vêtements mouillés…
Je pars donc, en retard, je glisse, j’ai froid, mes écouteurs pleins d’eau commencent à rendre l'âme.
J’ai du vent dans les yeux. Puis Yoko san me rejoint sur le chemin. Je vais au lycée je prends plein de photos. J’arrive en classe, il manquait pas mal de gens. J’ai les pieds trempés.
Je monte en cours d’Art ( mon seul et unique, donc avec l'envie d'en profiter ).
Je suis avec les 1.7 : le prof m’a donné du bois, j’y ai gravé mon nom et je l’ai tamponné sur une feuille Le résultat est classe.
Puis "social studies" ; le cours qui m'ennuie en général… mais la prof est vraiment super. Aujourd’hui, elle nous a fait fabriquer des bentos ( repas dans une bôite, le but étant de disposer la nourriture de manière intéressante). :D Là c’était vraiment sympa! J'en garde un super souvenir. Yoshie, une élève Chinoise, a vraiment fait un super travail.
Ensuite : heure de préparation à la cérémonie de graduation ( qui a lieu le lendemain matin)… C'était vraiment très long… Et dire que demain, ça durera 4 heures…
Mangé (rapide) j’avais fait deux boites de bento ( une pour offrir ).
Health Science. Puis heure d’Anglais avec le prof canadien. Les élèves doivent amener un objet et en parler, une expérience intéressante!

Une nouvelle famille

RAS le matin.
J’ai eu sport de 10h40 à 11h30 ( il faisait froid, très froid... )
Le midi, j’ai mangé avec les 1.7 : on a parlé d’Anpanman, ce petit "character" et je leur ai expliqué mon désarroi quant au fait que ce dernier soit un sandwich qui sacrifie des bouts de sa tête ( remplie d’Anko, mais où est son cerveau ?!) aux affamés ; il rentre ensuite chez lui pour se faire recuire sans yeux … et c’est un dessin animé pour enfants !!
Elles m’ont dit : nous on y prête pas attention, mais maintenant que tu le dis… Et si je me souviens bien, il fait frire son corps… bel exemple pour la jeunesse !
Puis nous avons débattu sur d'autres incohérences dans les dessins animés (il y'a des choses universelles) Ensuite deux heures (dans l’après-midi ) d’OCS speaking. (avec le grand prof anglais, Oli ) il m'a dit m’avoir croisé à Ueno Samedi en compagnie d’un grand jeune homme… Étant européens on ne peut pas passer inaperçus. C’est tout.
En rentrant j’ai commencé à ranger mes affaires pour mon départ… Mais j'ai reçu le profil de ma nouvelle famille d’accueil : ils sont 4 : les parents et les 2 filles de 8 et 9 ans.

Ça va en faire du changement. Mais le fait qu'il y ai des enfants m'a beaucoup apaisé.

Show Time!

J’arrive ce matin tranquillement. 
Il fait beau donc je marche lentement pour prendre des photos.
Je vois dans les couloirs les majorettes qui rangent leurs affaires, je me dis qu’elles ont dû avoir un entraînement tôt ce matin.
J’arrive en classe, pas grand monde. Miyu San ( une amie ) vient me voir et me dit qu’aujourd’hui je dois la suivre. Je lui répond que je n’ai pas encore mon emploi du temps de la semaine : elle répond que c’est pas grave et part en courant ( en me faisant signe de venir ). On a couru dans tout le lycée, mais personne ne voulait me dire ce qui se passait, et tous les élèves marchaient vers l’auditorium… J’y entre et Nakahara sensei m’explique que ce matin, c’est « show time »
Ok… Je vais m’assoir avec les filles de ma classe.

En réalité, aujourd’hui c’était la « fête du lycée » mais dédié aux gradués ( les terminales ). C'est vrai que lorsque je suis allée au Japon, c'était la fin de l'année scolaire. Les Terminales finissaient de passer leurs examens (c'est pour ça que je n'en ai pas rencontré beaucoup au début de mon séjour)
Donc nous avons commencé par chanter (enfin j’ai fait du play back, je ne connaissais pas les paroles ) puis c’était à l’orchestre d’entrer en scène.


Je ne prends donc pas de photos durant le show et ne film pas.
Bah mince, ils étaient excellents… mais vraiment. J'étais sciée. J’ai pu enregistrer les deux dernières chansons. Et je les écoute en boucle.
Puis, au tour des majorettes…
Auditorium
En tant qu’ex majorette, j'avais une petite idée de la prestation qu'elles pouvaient nous offrir. Plutôt sympa, j'ai aimé.
Mais je ne pensais pas qu’il était possible d’écouter autant de techno aussi fort sans faire une crise d’épilepsie. ( Ok je ne râle plus :) )
Puis la pause rire : Akane, le gars qui m’avait mimé une scène de Death Note à mon arrivée, se trouve être un super comique dans le lycée, il a animé la fête, tous les élèves riaient.
Ensuite : Band ! Il y’avait plusieurs groupes de rock ( mais plus de mémoire avec on téléphone, donc pas filmé ). Euh...
Pause ( j’ai été chercher mes affaires en classe, étant partie précipitamment, j’avais laissé ma veste )
Reprise. Y’avait du Taïko (tambour japonais), donc j'étais aux anges.
Ensuite, vidéo « souvenir » sur la scolarité des terminales. Puis, une d’entre eux est venue remercier tout le monde sur scène : je ne sais toujours pas si elle pleurait ou bien si elle riait!
Enfin, ça pleurait pas mal dans la salle.
Puis, ils ont tous défilé et sont partis. Larmes.
C'est fini, j’ai FAIM… et j’ai oublié mon porte-monnaie dans ma chambre… Donc pas de mangé pour moi. Sale après-midi en perspective.
Nakahara sensei m’intercepte à la sortie pour me rappeler que nous devons aller donner des cours d’Anglais au « collège » dans l’après-midi.
Ecole primaire
Ok… Je retourne en classe : Karen vient me voir avec un jolie petit sac mauve et me dit «  C’est ma tante qui l’a fait,  elle m’a demandé de te l’offrir. » : ça fait vraiment chaud au cœur. Puis elle m’a invité à manger avec elle, je lui ai exposé mon petit problème d’argent, elle m’a offert ses gâteaux : et une autre fille (qui est super sympa avec moi et dont je m’en veut d’avoir zappé le nom ) est venue m’offrir  son yaourt… adorables!  J'étais toute gênée.
Pour les remercier, je leur ai fait un tour de magie ( au Japon, c’est mignon, en France, on m’aurai traité de radine ). Sugoiiii!! :D
Puis départ pour le « collège »… d'accord, mais pourquoi on rentre dans l’école prim… ARF j’ai confondu primaire et collège.


Et l’école primaire, j'y étais déja allée, mon premier jour à Y-ko ( mon lycée ). Tous les enfants me regardaient bizarrement à cause de mon visage européen.
Mais je n’étais pas la seule, j’ai vu deux petits européens ( je pense Américains ).
J’ai assisté à un cours d’Anglais donné par mes camarades. J’ai dû me présenter en Japonais, et juste quand j’ai dit : « Konnichiwa » Ils ont tous criés « KONNICHIWAAAAA » (ils crient beaucoup, mais là c'était tellement mignon! ) et je suis partie avec Nakahara sensei voir dans les autres classes. Dans les escaliers, je lui ai parlé de mon changement de famille. Elle a été une oreille très attentive à mon mal-être vis-à-vis cela.
Dans une des classes, un enfant m’a dit en Japonais : «  on dirait une Americaine »… Parce qu’au Japon, si tu n’es pas Asiatique, tu es forcément Américain. Je vais le voir et lui réponds que non, je suis Française.
Un autre à côté de lui me dit « Alors comme ça, tu peux parler Français… »  Tout à fait XD…
Le premier enfant me dit un truc, incompréhensible ( pas Japonais ) je lui répond que je n'ai rien compris. Mais plus tard, on m’a dit que c’était de l’italien… Gracie.

Comme pour les élèves de ma classe, c’était la dernière fois qu’ils venaient enseigner en primaire, une élèves m’a demandé de prendre des photos. Et en partant, leurs élèves leur ont donné un dessin chacun : larmes !
En rentrant vers Y-ko, j’ai parlé avec l’élève sympa dont je ne retiens pas le nom, de mon hypothétique changement de lycée ; elle m’a dit « oh non, je veux que tu restes plus longtemps ! » adorable.
Puis Maika, de ma classe ( qui enseignait dans la classe où je me suis présentée en primaire m’a dit « les élèves t’on beaucoup apprécié, ils disaient « Marion est kawaii, pourquoi elle est partie ? » ( je me suis un peu sauvée de la classe avec Nakahara sensei : maintenant j’ai honte.)
En arrivant dans l’entrée où l’on change de chaussures, Futagami sensei est venue me dire que Yokomichi san l’avait contactée et qu’elle m’avait trouvée une famille d’accueil près de la Yokohama Station. Je peux donc rester à Y-ko ! Respire!
Ensuite, retour dans la classe : Nakahara sensei nous a distribué le journal de la classe. ( Ah? ) et tout un article m’est consacré (avec un texte que j’avais écrit et ma photo) L’article s’appelle : Marion est arrivée !
Oui, c'est formidable!
Puis je suis allée voir Nakahara sensei ( toujours pas d’emploi du temps) elle me le donne en me disant que je changerai de famille mercredi.
Je suis donc rentrée un peu triste (de ne plus faire le chemin habituel.) J’ai pris des photos et je me suis arrêtée à tous les combinis que j’ai vu ( J’avais faim, encore) pour trouver des gâteaux pour offrir à Karen et l’autre fille.
Je suis passée par le même chemin mais j’ai marché du côté gauche pour une fois : amusant. Je suis rentrée, pris mon argent et partie au combini le plus proche. J’ai acheté du mangé et du chocolat et je suis rentrée voir un de drama coréen que j'apprécie tant. 

Dimanche

Yoko san, ma mère d'accueil voulait aller chez le médecin à "Yokohama station" et m’emmener avec elle (il y’a un Book Off (libraire) dans ce coin).
Je me prépare, je me coiffe, je me mets du parf… Nota bene, les Japonais n'aiment pas les "odeurs", quelle qu'elles soient. On m'a reproché de mettre trop de parfum... Mais zut. Un pschit, j'appelle pas ça "trop". Passons.

Elle m’amène devant le centre commercial, car au Japon, ils sont ouverts tous les jours, même le Dimanche ( à ne pas confondre avec la gare: au Japon, les gares sont des centres commerciaux en puissance ( avec des boutiques chères en plus, tu ne verrais pas un "Louis Vuitton" dans une simple gare en France… ) 
Elle part de son côté en me donnant rendez-vous dans 2 heures à la Porte de sortie centrale de la gare, pour aller manger.
J’entre dans le centre commercial, le hall était plein: ça ouvrait dans 10 minutes… Les gens attendaient calmement… très calmement. Ils n’ont pas ouvert à 10h59, ni à 11h01, ni même à 11h00min03ms, mais à 11H00Min00 pétante (Iphone en donne la preuve): respect.
Je rentre, et je vois des boutiques de DIIIINGUE avec des vêtements de DIIIIINGUE, à des prix de DIIIIIIIIIIIIIIIIINGUE ( au Japon, il ne faut pas être un étudiant férue de mode et sans revenu )
Je monte à Book Off ( 7ème étage, les centres commerciaux là bas, c’est du sérieux)
Et en montant, je suis entrée dans une boutique spécialisée dans les uniformes scolaires Japonais. La vendeuse est venue me parler, parce qu’elle avait vu la Tour Eiffel accrochée à mon sac, elle m’a dit qu’elle avait vécue à Paris.
Boutiques près de Yokohama Station
Bilan: trop cher pour moi.


Puis, je me dirige vers la gare pour retrouver Yoko san… Ouais, mais y’a deux Central exit : North et South…
Heureusement que les employés de gare Japonais soient si serviables. Malheureusement ils ne m'ont pas comprise... J'ai erré dans la Station un bon moment, puis j'ai laissé tomber, il y'avait vraiement trop de monde, impossible de la retrouver. Je décide donc d'aller faire un tour de mon côté, en essayant tout de même de joindre Yoko san sur son téléphone sans succès... Pourvu qu'elle ne s'inquiète pas.
 Je suis allée dans un Game Center ( car les arcades existent toujours au Japon... Pire, il y'en a PLEIN ) et j’ai joué à Tekken (jeu de combat). Un phantasme de gamine : jouer à Tekken dans une salle d'arcade au Japon. J’ai perdu ( les manettes étaient trop étranges) mais que de fun.
En sortant j'avais faim. Alors c'est parti pour tester le McDo Japonais! Rien de spécial au final, juste le "Ice Tea" qui n'est pas ce que l'on a l'habitude de boire ici. Puis je retourne dans le métro, (j’ai gagné plein de mouchoirs, au Japon, on donne des mouchoirs gratuits partout : astuce pour avoir des mouchoirs gratuits, acceptez les prospectus dans la rue... vous pourriez avoir de la chance) et je suis rentrée. J’ai commencé à « re »faire ma valise avec un certain pincement au coeur, cette journée m'a aidé a moins penser au changement auquel je devrais bientôt faire face...
Yoko est rentrée, elle n'était pas inquiète.
A table!


Petit phénomène dont j'avais envie de parler : les キャラクター (Karakutaa) ou "Characters"ces petits bonhommes très populaires au Japon, de Pikachu à Doraemon, en passant par Hello Kitty : eh bien aujourd’hui je parle de mon coup de cœur : Anpanman : peut-être connaissez-vous déja ce sympathique petit bonhomme. Au Japon c’est un héros, pire : c’est limite un dieu.
Le truc, c’est que c’est un sandwich… voyez par vous même:


c’est un pain à l’anko qui a des points ronds et qui vole. A la base c’était un dessin animé. Le personnage de base, d’ailleurs, se sacrifiait pour le bien des pauvres ayant faim, en les  laissant manger sa tête… décidément, plus glauque que ça. Mais le truc, c’est qu’il a un némésis : un ennemi juré, dont le cri de guerre est « Ha Hi Fu He Ho ! » (partie de l’alphabet Japonais, tellement didactique!)
Tous le connaissent et il est très aimé.

mardi 24 avril 2012

Tôkyô 3 et ... Départ.

Aujourd’hui, la journée commence très bien.
J'avais rendez-vous avec l'autre étudiant Français séjournant à Tôkyô (nous nous voyons tous les Samedis. En plus d'être une super manière de visiter la capitale, parler Français, avec quelqu'un qui est dans la même situation que vous, ça fait du bien): Corentin.

Je me lève vers 10h20, déjeune ( super petit déjeuner, mais pourquoi Yoko san a-t-elle fait cuire les fruits ?! )et commence à me préparer pour partir à Ueno ( là où nous nous étions donné rendez-vous)
Puis Yoko me dit: « Tu sais, j’ai quelque chose d’important à faire : je vais recevoir le n°1 de mon entreprise, il vient des États-Unis »
Je lui répond que c’est super, je suis contente pour elle (ça doit être un honneur, enfin important pour elle)  mais elle me dit "En réalité, je dois partir pendant 2 semaines avec lui". J’ai demandé à Yokomichi san ( ma coordinatrice ) de te trouver une nouvelle famille d’accueil, tu dois partir ».Aïe.

Je ne l’ai pas bien vécu, pas du tout. Je me suis habituée à cette maison, à ce quartier, à mon lycée… Mais je n’ai rien dit. Ça m’a hanté un bon moment.
Donc départ quand même pour Ueno, avec la boule au ventre.
C'est terrible : en quittant la France, à travers l'excitation, je ressentais cette angoisse (normale) de quitter ma maison, ma vie. Même si ce n'était que pour un mois, je n'étais jamais partie seule aussi longtemps. En arrivant chez Yoko San, je me suis très vite accoutumée aux lieux, j'ai vite pris mes repaires, je me sentais "un peu" chez moi, du moins je me suis vite sentie appaisée vis-à-vis de mes inquiétudes.
Et ce matin là, tout a volé en éclats.

Biscuits fourrés

Avant de partir pour Tôkyô, Yoko san m’a demandé : sais-tu où vous devez vous retrouver? Je lui dis que oui, et que de toute façon il est grand ( :) ), donc je le verrai de loin. Ahah non.
Le trajet était long (métro vers Sakuragichô et Jr Tohoku, 1H de train... Mais c'est de ma faute, j'ai pris le train local : au moins, les paysages valaient le coup).
J’arrive à la gare, je me dirige vers le point de rendez-vous ( porte Centrale, devant les guérites ). C’était très grand, je cherche un grand jeune homme européen ( non, au Japon, un Européen, ça ne se loupe pas), et… il n’était pas là… bon j’étais PILE à l’heure (14H00) et pour moi c'est rare.
Alors je l’attend… 5 min, 10 min, 15 min (je lui envoie des sms, lui peut recevoir les miens, moi pas… ça m’a couté un bras)
20 min… J’en ai marre ! Je l’appelle ( là, ça m’a coûté 50 euros pour 10 sec de communication… C’est maman qui va apprécier )
Il décroche et me dit qu’il ne s’est pas réveillé et qu’il arrivera dans 35 min…
Bon… je suis zen, je pars à la recherche d’un café, aussi cher qu’un sms à l’étranger. Je prends mon temps au Starbuck (Je vis au Starbuck). Puis à 15h  je retourne à la Centrale Gate, je le vois, soulagement.
On sort, je lui explique ma mauvaise nouvelle du matin, mais le voir m’a fait penser à autre chose, et décompresser. Il m’a dit que normalement, je ne changerai pas de lycée, ce que j'espère sincèrement d'un côté, mais c'est vrai que j'aurai aimé avoir un autre point de vue lors de mon voyage (que j'aurai AHAH).
Il m’a emmenée dans un quartier très animé, près de la gare d'Ueno, où l'on vend du poisson. Puis on a fait un tour chez Don Quichotte ( magasin pour... tout) et au parc ( il y’avait un zoo avec des pandas, je voulais y aller, mais c’était payant, donc NON )

Puis, il m’a fait goûter des gâteaux en forme de poisson et on file au Starbuck (qu'est-ce que je disais) Nous avons parlé de notre inscription à l’Intrax, de notre manière d'étudier le Japonais etc, c'est agréable de parler avec quelqu'un qui a les mêmes intérêts que vous. Ensuite, un petit tour chez Tsutaya (librairie) Puis retour à la gare.
Nous nous sommes quittés et le train de retour était encore plus long qu’àl‘allée (Tôkyô By Night, vu de train, c’est bien (même plus, c'est magique).

Ça m'a fait drôle, c'est ce genre de paysage qui vous fait rêver, et une fois qu'on y est, on devient émotif. Enfin pour moi, c'est plutôt l'idée du changement de famille d'accueil qui est venue tout gâcher. J'avais oublié ça... Même si c'est seulement pour deux semaines... Zut.

Cours et Motomachi

Crevée… ma mère d’accueil est rentrée tard, donc je me suis couchée tard.
En effet, j'ai compris qu'elle n'avait pas sa clef avec elle pour rentrer, je suis donc restée éveillée pour l'attendre.

Ce matin, j'ai eu besoin de courage pour me lever.
Mais deux heures de calligraphie, ça ne se refuse pas.
Plus les jours passent, plus j'aime mon nouveau chemin, mon nouveau quotidien, ma nouvelle vie. Car après tout, en étant étudiant étranger, on ne se sent pas touriste. Donc je pense que dire que je "vis" là bas, ce n'est pas mentir.
En entrant en classe, Anna (une élève très sympa, elle m'avait offert un petit mot "origami" le jour de mon arrivée, me souhaitant la bienvenue au Japon) est venue me dire : aujourd’hui, je passe l’après-midi avec toi !
Là bas, chaque jour, des élèves venaient me trouver, pour me proposer de sortir après les cours. Quelle meilleure façon de découvrir la ville!

Mes premiers Haïkus <3

J’ai composé des haïkus en classe. Les élèves de 1.7 étaient toutes autour de moi, et m'aidaient avec le vocabulaire.
A la fin du cours, Anna est revenue me voir, avec un petit mot (les étudiantes Japonaises sont friandes de ces petites attentions, j'adore!) me proposant le programme de la journée. Ou bien nous allions faire les magasins, ou bien elle m'invitait chez ses grand-parents, avec l'argument ultime du "ils ont un tatami, pour s'asseoir, c'est génial!". Mais j'étais trop timide pour accepter son invitation. Je lui ai donc dit que le shopping me tentait plus. Je regrette, j'aurai aimé rencontrer sa famille.
Ensuite, une heure de "Health Science" : bon on m’a parlé pendant tout le « cours » (en réalité, c'était une sorte de débat réservé aux élèves étrangères-immigrées, avec le professeur de sport).
Calligraphie
Enfin, une heure d’Anglais comme on en verrait jamais en France.

Je m’explique : la semaine prochaine, nous devons amener un objet et en parler pendant 1min30 en Anglais.
Aujourd’hui, nous avons passé l’heure à déterminer l’ordre de passage pour la semaine prochaine en piochant des cartes…

Ensuite, Anna est venue me chercher. Nous sommes allées manger à la cafétéria, et ENFIN, des garçons nous ont accompagnés  (J'ai eu très peu l'occasion de manger avec des garçons Japonais, très réservés.) ... Mais ils étaient Chinois ( et eux sont plus amicaux avec les filles )
J’ai dû passer prendre mon manteau à la maison ( parce qu'en Février, à Yokohama: il fait froid ! ) puis direction Yoshinochô station vers Kannai, pour se rendre à Motomachi ( grande rue commerçante )
Anna m'a dit que nous aurions pu nous y rendre à pied. Mais il faisait si froid...
Avant de prendre le métro, nous nous sommes trompées. Je la suivais... Mais elle aussi : nous nous sommes perdues et nous sommes ressorties du métro par la mauvaise porte. On a ri pendant 10 bonnes minutes.
Elle s'est arrêtée chez un petit marchand de bonbons, "pour faire un cadeau à sa mère".


Motomachi

A Motomachi :
J’ai fait des « folies » chez Yamato ( boutique d'objets Kawaïï : gommes, bonbons etc. ) et je me suis restreinte chez Zara (Oui, il y'a des Zara). Puis un Starbuck et nous sommes rentrées. Anna n’a pas arrêté de m’offrir des bonbons… J’en peux plus (au Japon, on vous offre tout le temps de la nourriture). Bref, nous avons bien discuté.